Un nouvel avenir pour l’interface cerveau-ordinateur : Gestala et l’ultrason
L’innovation technologique dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur (ICO) connaît une croissance rapide, notamment en Chine. La société Gestala, récemment fondée à Chengdu avec des bureaux à Shanghai et à Hong Kong, se démarque par son approche non invasive. Son objectif est d’accéder au cerveau sans implants, en utilisant une technologie d’ultrason.
Qu’est-ce que l’ultrason et comment cela fonctionne-t-il ?
L’ultrason est principalement connu comme un outil médical permettant de créer des images des organes internes et de visualiser le flux sanguin. Son utilisation la plus courante est le suivi du développement fœtal pendant la grossesse. Cependant, les chercheurs explorent de plus en plus son potentiel pour traiter diverses maladies, en plus de simplement les diagnostiquer.
– L’ultrason peut, selon son intensité :
– Détruire des tissus anormaux, tels que des caillots sanguins ou des tumeurs.
– Moduler l’activité neuronale sans intervention chirurgicale.
Des traitements par ultrasons ciblés sont déjà approuvés pour des affections comme la maladie de Parkinson, les fibromes utérins et certains types de tumeurs.
Les ambitions de Gestala
Gestala a l’intention de développer un appareil utilisant des ultrasons focalisés pour traiter la douleur chronique. Des études pilotes ont montré que la stimulation du cortex cingulaire antérieur, une région du cerveau associée à la composante émotionnelle de la douleur, peut réduire l’intensité de la douleur pendant plusieurs jours.
Le premier dispositif de Gestala sera une machine de bureau stationnaire, nécessitant que les patients se rendent dans une clinique pour le traitement. La société est en discussion avec plusieurs hôpitaux en Chine intéressés par l’expérimentation de cette technologie.
Le deuxième appareil, prévu pour les générations futures, sera un casque portable permettant aux patients de l’utiliser chez eux sous la supervision d’un médecin.
Vers une interface cerveau-ordinateur révolutionnaire
Gestala ne se limite pas à la douleur chronique. Elle envisage également d’élargir ses applications à d’autres indications telles que :
– La dépression et d’autres maladies mentales.
– La réhabilitation post-AVC.
– La maladie d’Alzheimer.
– Les troubles du sommeil.
Comme d’autres entreprises dans ce domaine, Gestala aspire également à utiliser l’ultrason pour lire l’activité cérébrale. L’idée est de détecter des états cérébraux associés à des douleurs chroniques ou à la dépression, puis de fournir une stimulation thérapeutique ciblée sur les zones du cerveau présentant une activité anormale.
Une approche novatrice face aux méthodes traditionnelles
La plupart des interfaces cerveau-ordinateur actuelles, comme celles basées sur des implants, se concentrent sur l’enregistrement des signaux électriques générés par les neurones. En revanche, l’interface basée sur l’ultrason pourrait mesurer les changements de flux sanguin dans le cerveau, offrant ainsi une vue d’ensemble plus large.
Phoenix Peng, cofondateur de Gestala, souligne que l’interface par ultrasons pourrait potentiellement accéder à l’ensemble du cerveau, contrairement aux dispositifs traditionnels qui se concentrent sur des zones spécifiques comme le cortex moteur.
Des défis à surmonter
Malgré son potentiel, l’utilisation de l’ultrason pour extraire des informations du cerveau pose des défis techniques. Les signaux ultrasonores subissent des distorsions en passant à travers le crâne, rendant la lecture précise des données cérébrales complexe. Actuellement, des recherches ont été menées avec succès en retirant une portion du crâne pour créer une « fenêtre » vers le cerveau.
Une vision pour l’avenir du traitement neurologique
Gestala, avec son approche innovante et non invasive, pourrait transformer le paysage des interfaces cerveau-ordinateur. En mettant l’accent sur le bien-être neurologique plutôt que sur l’amélioration humaine, la société vise à offrir des solutions thérapeutiques pour des affections qui touchent des millions de personnes à travers le monde.
En résumé, l’avenir des interfaces cerveau-ordinateur pourrait bien être marqué par des avancées significatives grâce à l’ultrason, ouvrant ainsi la voie à des traitements plus accessibles et moins invasifs pour les troubles neurologiques. Les prochaines années seront décisives pour voir si ces technologies peuvent véritablement réaliser leur potentiel dans le domaine médical.
