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33Bien entendu, il ne s’agit aucunement de réenchanter des pratiques « traditionnelles », qui peuvent elles aussi être oppressives : dès cette époque, certaines « petites nièces » travaillaient très durement, sans toujours bénéficier de l’apprentissage en principe inhérent à cette pratique, ni repartir avec une rétribution à la hauteur de leurs espérances ou de celles de leurs parents. En d’autres cas, les « tanties » font de fausses promesses au moment du recrutement des filles au village : elles font croire aux parents qu’elles garderont les filles chez elles, voire qu’elles les scolariseront ou les placeront en apprentissage (couture, coiffure), alors que leur projet est de les louer directement chez une patronne. Cela fait trois ans maintenant que je suis passé, dans le cadre d’un cours de sensibilisation à l’utilisation des TIC dans l’enseignement / apprentissage du Français Langue Étrangère (FLE), d’un dispositif relativement classique, qui alternait à l’intérieur même des séances les périodes de transmission de contenu et les travaux de groupe, à un dispositif plus ambitieux qui entre dans la catégorie dite du présentiel allégé. La fille restait plusieurs années à Abidjan et travaillait avec sa « tantie » – effectuant les tâches domestiques et souvent, la secondant dans son petit commerce -, laquelle veillait à son apprentissage et à son relatif bien être.

  • 94 CE, Ass., 22 octobre 2010, Mme B., n° 301572
  • 136 Codesc, Observation générale n° 9, précit., § 11
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  • 6 A propos de ce terme, voir plus haut (§ 1.2) la citation de O’Rourke
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cours en ligne oenologie Dans la majorité des cas, le transfert – temporaire et partiel – de la responsabilité de l’enfant se fait en direction d’une femme. Ils expliquent aujourd’hui que le statut social de ces femmes, leur réputation, leur discours de « grande dame d’Abidjan » et surtout, le fait qu’elles soient originaires du même village ou de la même région leur permettaient de penser que leurs filles seraient « en de bonnes mains », ce qui d’ailleurs souligne la fluidité du concept de parenté. En somme, un certain contrôle était exercé par les collectifs de parenté résidant ou circulant en ville ; le contexte de cette pratique était celui d’interrelations familiales denses, où les protagonistes se connaissaient personnellement. 31Les attentes de chaque partie n’étaient pas verbalisées, mais selon les codes implicites de la solidarité familiale, il était convenu que des obligations réciproques existaient. Pour la « tantie », ne pas remplir ses obligations de réciprocité vis-à-vis de sa « petite nièce » et de ses parents risquait de « gâter son nom », les enjeux relevant du crédit/discrédit auprès du groupe parental, de la réputation sociale mais aussi de l’imaginaire de la sorcellerie…

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Dans le cadre des échanges et des obligations de la parenté (élargie), les parents villageois décidaient ou acceptaient de confier leurs filles à une parente (plus ou moins proche) partie s’installer à Abidjan. 18Par ailleurs, la production de thèses de doctorat, qui reste très timide, est réalisée en partie dans des universités à l’étranger par un personnel enseignant de l’UQAM. Très vite, la rentabilité de cette pratique nouvelle de placement est devenue évidente : en effet, seule une partie de l’argent que les « tanties-placeuses » « gagnent » sur le travail des petites domestiques est utilisée pour financer à la fois les soins minimum de leurs « protégées » pendant leur séjour à Abidjan, et l’achat des biens composant leur valise de retour ; le reste de l’argent constitue leur bénéfice, mobile souvent confortable. Dans les villages où l’excision se pratique encore aujourd’hui, la cérémonie d’excision était une raison incontournable de retour au village des jeunes migrantes, que leur « tantie » devait alors munir d’une « valise bien remplie ».

Une fois arrivées à Abidjan, beaucoup respectent cette parole, tout au moins dans un premier temps : elles gardent les filles chez elles selon le modèle « petite nièce » pendant un à trois ans, le temps d’assurer la formation nécessaire à un placement estimé convenable. Ainsi, une modalité de pratique qui atténue la ségrégation sexuée dans l’activité, notamment par la valorisation de capacités motrices détenues par certaines filles, peut renforcer dans le même temps la hiérarchie au sein de chaque groupe de sexe. 42De plus, travailler dur est généralement considéré comme une forme d’apprentissage, et chacun sait que le travail effectué par les filles au village (tâches domestiques et champêtres) est aussi très difficile, d’autant plus que dans le nord-est, le phénomène d’exode rural massif des jeunes filles y réduit considérablement la force de travail disponible. 40Pour parvenir à capter les filles les plus jeunes (8-11 ans), les « tanties placeuses » assurent généralement qu’elles les feront travailler chez elles et avec elles.

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Le départ d’une ou quelquefois plusieurs filles était organisé lors du passage au village d’une ou plusieurs de ces « tanties » abidjanaises. Généralement, on s’assurait que la fille était d’accord, et elle partait vivre et travailler chez sa tante. Puis, au moment de son retour au village, elle remet en principe à la fille un « trousseau » en prévision de son mariage. Pour construire leur réputation et parvenir à capter des filles hors de leur parentèle, les premières « tanties-placeuses » veillent, au moment de leur retour au village, à doter correctement les filles qui ont « bien travaillé » à Abidjan. Alors âgées de 13 à 15 ans environ, les filles pouvaient ensuite rester définitivement au village en prévision de leur mariage, ou bien revenir quelque temps en ville chez leur tante : leur retour définitif aurait alors lieu au moment du mariage. Quand le modèle salarial concerne les plus jeunes (8 à 14 ans), ces petites domestiques correspondent au type de « l’enfant louée » : une tutrice la fait venir du village, mais au lieu de la faire travailler chez elle, elle la place chez une patronne, non parente, et empoche chaque mois son salaire.